Epidémiologie
- L’incidence a diminué spectaculairement au cours des quinze dernières années, elle ne dépasse pas 10 cas pour 100000 habitants
- Le gonocoque devient de plus en plus souvent résistant (5 à 20% des cas)
- Neisseria gonorrhoeæ est une bactérie Gram négative se présentant sous forme de diplocoques essentiellement intracellulaires (dans les polynucléaires neutrophiles).
- Transmission purement sexuelle. A noter que l’uréthrite gonococcique est fréquente chez des patients qui utilisent les préservatifs pour le coït mais non pour les fellations.
- Incubation courte, cinq jours
Clinique
- Forme typique : Uréthrite purulente très symptomatique avec intenses brûlures urinaires
- Dans 30 % des cas l’écoulement est clair, dans 10% des cas il n’y a que des signes fonctionnels sans écoulement, les formes asymptomatiques sont rares (moins de 1% des cas)
- Lorsque l’écoulement est purulent, le diagnostic est facile car c’est pratiquement le seul germe qui peut en donner un.
- Il existe, notamment chez les patients homosexuels, des formes pharyngées ou anales
Les données biologiques
- Examen au microscope d’une goutte de pus étalée et colorée au Gram ou au bleu de méthylène : diplocoques intra et extra cellulaires gram négatifs, ou prenant le bleu de méthylène
- Lorsque le prélèvement est bien fait, chez un malade qui n’a pas uriné avant le prélèvement, la sensibilité et la spécificité de l’examen direct sont excellentes
- La mise en culture de l’écoulement permet d’améliorer encore la sensibilité et la spécificité, en 24 à 48 heures
- Il n’existe pas de réaction sérologique
- La PCR existe, mais elle n’apporte rien au diagnostic.
- L’association à toutes les autres MST est fréquente et le bilan doit être complet.
Les complications
Non traitée, la blennorragie masculine peut se compliquer de:
- épididymite
- prostatite,
- exceptionnellement septicémie gonococcique subaiguë (associant une fièvre au long cours, des arthrites et fréquemment une éruption pustuleuse).
Le traitement
- La sensibilité du gonocoque aux antibiotiques se modifie constamment et est variable selon le lieu. Les recommandations thérapeutiques varient donc selon le pays, voire selon les villes et se modifient dans le temps. Elles doivent être réactualisées régulièrement.
- En France, à Paris, les souches productrices de pénicillinase hautement résistantes aux bêtalactamines représentent 10 à 20 % des gonocoques, contre-indiquant formellement l’utilisation de pénicilline G, ampicilline et amoxicilline
- Ceftriaxone (Rocéphine) : 125 mg par voie intramusculaire, dose unique
- Céfixime (Oroken) : 400 mg per os, dose unique
- Ciprofloxacine (Ciflox) : 500 mg per os, dose unique
- Spectinomycine (Trobicine) : 2 g par voie intramusculaire, dose unique
Ce traitement doit être associé systématiquement à un traitement antichlamydien (doxycycline 200 mg/j pendant 7 jours).