Vaccination
antivariolique: technique, complications
- Smallpox as
a Biological Weapon: Medical and Public Health Management
JAMA. 1999;281:2127-2137
Résumé
: J.P. Aubert
à consulter également
sur le sujet:
- Consulter l'article original
- Fiche thérapeutique "variole" du
plan français BIOTOX (document pdf)
-
- La vaccination contre la variole peut être
utilisée par des personnes de tous âges, dès
la naissance. Elle est actuellement contre indiquée chez
certains sujets à risques de complication, mais cette
attitude doit évidemment être reconsidérée
en cas de risque bioterroriste. Elle peut être utilisée
en même temps que des immunoglobulines anti varioliques.
-
- Technique de vaccination
-
- La technique décrite ici concerne
le vaccin américain:
-
- Le vaccin est appliqué à l'aide
d'une aiguille bifide. Une aiguille stérile est insérée
dans une ampoule de vaccin reconstitué et une gouttelette
de vaccin d'un volume suffisant pour la vaccination est posée
et tenue par capillarité entre les deux branches de l'aiguille
bifide. L'aiguille est tenue à angle droit par rapport
à la peau, le poignet du vaccinateur en appui contre le
bras du sujet. 15 impacts perpendiculaires de l'aiguille sont
faits sur une surface d'environ 5 mms de diamètre, assez
vigoureux pour faire apparaître une goutte de sang au site
de vaccination après 15 à 30 secondes. Après
la vaccination, l'excès de vaccin est essuyé avec
une gaze stérile qui sera jetée dans une poubelle
protégée. Le site de vaccination est protégée
par une gaze légère, pour éviter au sujet
de toucher la zone et de répandre le vaccin en d'autres
sites.
-
- Effetts de la vaccination
-
- Au bout de trois jours environ, une papule
rouge apparaît au site vaccinal, qui devient vite vésiculaire.
Une semaine plus tard elle est devenue une papule Jennerienne
typique, blanchâtre, ombiliquée, contenant une sérosité
trouble et entourée d'une zone érythémateuse.
Une fièvre et des adénopathies régionales
sont possibles : 70% des enfants ont une température supérieure
à 39°C pendant une journée au moins, entre
le 4ème et le 14ème jour. La pustule sèche
ensuite progressivement, laissant une croûte noirâtre
qui tombe en trois semaines.
-
- Complications
-
- La fréquence des complications associées
à l'usage de la souche du New York Board of Health est
très basse, mais elles existent.
- Dans le cadre d'une primo vaccination, les
CDC relevaient en 1968 les complications suivantes :
encéphalite
vaccinale : 1 cas pour 300.000 vaccinations
(1/4de décès, séquelles neurologiques fréquentes
: survenant 8 à 15 jours après la vaccination,
elle se traduit par fièvre, céphalées, vomissements,
vertiges et parfois paralysies spastiques, signes méningitiques,
coma et convulsions. Aucun traitement n'était à
l'époque actif.
Vaccine progressive : la lésion vaccinale de développe
sans interruption vers la peau adjacente, entraînant une
nécrose tissulaire et diffusant vers d'autres régions
cutanées, aux os, aux viscères. Le traitement reposait
sur les immunoglobulines. La ribavirine pourrait être utile.
L'évolution était souvent mortelle
Eczéma vaccinal
: survient en général
chez des sujets porteurs d'eczéma actif ou quiescent.
Les lésions vaccinales s'étendent aux régions
cutanées où se développe habituellement
l'eczéma. Les immunoglobulines anti varioliques étaient
efficaces.
Vaccine généralisée
: Presque toujours liée à
une primo vaccination, elle résultait de la dissémination
par voie sanguine du virus vaccinal. Les lésions apparaissaient
6 à 9 jours après la vaccination, elle étaient
en nombre variable, parfois généralisée.
Dans les cas sévères, les immunoglobulines anti
varioliques étaient efficaces.
Inoculation accidentelle
: c'était la transmission à
des personnes proches, ou l'autoinoculation à d'autre
sites (visage, paupières, bouches, organes génitaux).
La plupart des lésions guérissaient sans traitement.
-
- Groupes à risques
-
- Cinq groupes à risques de complications
du vaccin anti-variolique sont identifiés :
-
- Les patients présentant un eczéma
, ou toute autre pathologie cutanée exfoliatrice
- Les patients porteurs de leucémie,
lymphome, ou autre pathologie tumorale recevant des agents alkylants,
des antimétabolites, une radiothérapie ou de fortes
doses de corticoïdes
- Les patients porteurs du VIH,
- Les patients porteurs de déficit immunitaire
héréditaire
- Les femmes enceintes
-
- Si ces personnes ont été en
contact avec un patient varioleux, ou en cas de risque professionnel,
le traitement par immunoglobulines peut être administré
en même temps que la vaccination, pour prévenir
les complications : cela ne diminue pas l'efficacité du
vaccin
-
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