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co-infection par le VIH et le VHC: données actuelles

extrait de: "Co-infection par les virus de l'immunodéficience humaine et de l'hépatite C: données actuelles. Hervé Zylberberg, Stanislas Pol, ANRS, document d'information

 

 

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PLAN:

Une prévalence accrue

Chez les patients co-infectés par le VIH, la prévalence des anticorps anti VHC varie selon le facteur de risque de contamination: elle est en moyenne de 9% comparée aux 1.2 % dans la population non infectée par le VIH. Elle est d'environ 5% chez les homosexuels, de 60 à 90% chez les hémophiles et les toxicomanes par voie veineuse. La fréquence de la transmission materno-foetale du VHC est augmentée en cas de co-infection par le VIH. Très faible (0 à 3% selon les études) si la mère est uniquement séropositive pour le VHC, elle atteint 20 % en cas de co-infection avec le VIH. Il en est probablement de même pour la transmission sexuelle du VHC, qui apparaît comme très faible en dehors des facteurs de risque identifiés, mais qui peut atteindre 3% en cas de co-infection du partenaire.


Des modifications des tests sérologiques et virologiques.


L'infection par le VIH entraîne une modification possible des tests sérologiques de l'infection par le VHC. Comme dans d'autres situations d'immunodéficience, on peut observer des phénomènes de séroconversion, définis par la négativation d'une sérologie anti VHC antérieurement positive. Ces phénomènes de séroconversion chez les patients infectés par le VIH rendent nécessaires la recherche du virus dans le sang par PCR, et ceci d'autant plus qu'il n'existe pas chez ces patients immunodéprimés de corrélation entre l'augmentation des transminases, et l'existence d'une hépatite chronique. En cas de co-infection par le VIH, une augmentation de la réplication du VHC est observée comme dans toutes les situations d'immunosuppression. Si la majorité des études n'a pas montré de corrélation entre l'importance de la virémie C et la sévérité de l'hépatopathie chez les immunocompétents, il est probable que cette augmentation ait des conséquences chez les immunodéprimés en particulier sur la majoration des lésions hépatiques.


Des modifications de l'histoire naturelle de l'infection à VHC


Chez les patients immunodéprimés par l'infection VIH, comme chez les patients immunocompétents, l'hépatite aiguë liée au VHC est habituellement asymptomatique. D'autre part, il n’existe pas de donnée claire indiquant un risque augmenté de passage à la chronicité chez les patients co-infectés par le VIH, mais cela peut seulement refléter le fait que l'infection par le VHC a dans la majorité des cas précédé l'infection par le VIH.
En cas d'infection chronique C et de co-infection par le VIH la plupart des études ont montré une sévérité accrue des lésions hépatiques. Une évolution vers la cirrhose, non seulement plus fréquente (deux à trois fois plus) mais également plus rapide (une dizaine d'années en moyenne chez les co-infectés, contre plus de vingt ans chez les personnes non contaminées par le VIH), est habituellement observée (deux à trois fois plus fréquemment chez les patients co-infectés par le VIH).


Impact de l'infection virale C sur l'histoire naturelle de l'infection VIH


L'infection par le VHC est fréquente chez les personnes infectées par le VIH. Le retentissement délétère de l'infection VIH sur l'infection VHC semble désormais établi. A l'inverse, en ce qui concerne l'infection VIH, il été suggéré que des cofacteurs pouvaient influencer sa progression, mais l'infection virale C ne semble pas en faire partie. En effet, la plupart des études ayant analysé le rôle de l'infection virale C sur l'infection VIH n'ont pas montré d'influence significative du VHC sur la progression de l'infection VIH: il n'existait pas d'évolution plus rapide vers le sida, ni de détérioration immunologique plus importante chez les patients co-infectés par le VHC.
Néanmoins une étude réalisée récemment sur 320 patients co-infectés ou infectés par le seul VHC, appariés pour l'âge, le sexe, le taux de CD4 et l'état dévolution de l'infection VIH, a montré des résultats contradictoires, mettant en évidence une accélération de l'évolution clinique de l'infection à VIH dut à l'infection VHC.
L'absence, dans les études antérieurs, d'observation des patients en fonction e leur charge virale VIH pourrait expliquer cette discordance;
Traitement de l'hépatite chronique C chez les patients infectés par le VIH
Les études ayant analysé l'efficacité du traitement de l'hépatite chronique C par l'interféron alpha chez des patients infectes par le VIH, concluent de manière discordante, vraisemblablement en raison des caractéristiques différentes des patients étudiés dans les différentes études. Néanmoins, il semble que le pourcentage de personnes présentant une réponse prolongée à l'interféron soit globalement plus faible chez les patients co-infectés. Quant à l'association interféron - ribavirine elle est en cours d'évaluation chez les patients co-infectés.


Impact de la trithérapie anti VIH sur l'infection virale C


Les données exposées précédemment concernent principalement les patients infectés par le VIH avant l'introduction de la trithérapie incluant une anti protéase spécifique du VIH dans le traitement antirétroviral. Celle ci a permis une amélioration nette du pronostic de l'infection par le VIH, réduisant significativement la mortalité liée à cette infection; on ne peut alors exclure que l'impact de l'infection virale C soit modifié dans l'avenir chez les patients co-infectés, avec l'émergence de complications d'origine hépatique.
Par ailleurs, du fait de la probable implication de mécanismes immunologiques dans la genèse des lésions hépatiques, la restauration immunitaire liée à la trithérapie anti VIH pourrait modifier l'évolution de l'hépatite C chez les patients co-infectés.


Trithérapie et réplication virale C


Parmi les principales questions que pose la prise en charge des personnes co-infectées par le VIH et le VHC, on relève celle d'une possible activation de l'infection à VHC, médiée par le système immunitaire, à l'initiation du traitement contre le VIH. Pourtant il ne semble pas que la trithérapie anti VIH modifie à moyen terme (neuf mois) la réplication du VHC, même ci dans certains cas, une augmentation modérée et transitoire de la réplication du VHC a été observée après un mois de traitement.


Hépatites sous anti protéases


Des observations récentes suggèrent que la survenue d'hépatites sous anti protéases pourrait être favorisée par l'existence d'une infection virale C ou B sous-jacente. Dans une étude récente, une hépatite au ritonavir, définie par une valeur des transaminases dix fois supérieure à la normale, a été notée chez 10 patients sur 141 (7%). neuf d'entre eux avaient une sérologie C positive après changement d'anti protéase. Dans une autre étude, une hépatite définie par un taux de transaminases cinq fois supérieur à la valeur normale, était observée chez trois patients sur 133 (2%). Tous avaient une infection virale C. Dans cette dernière étude, il existe des arguments suggérant que ces hépatites pourraient être liées à la restauration immunitaire consécutive au traitement anti VIH. Il sera intéressant d'évaluer la survenue d'hépatites chez les patients co-infectés recevant une trithérapie comprenant un inhibiteur non nucléosidique de la transcriptase inverse (en l'absence de toute anti protéase).


Trithérapie et lésions hépatiques


La question cruciale est de savoir si, chez les patients co-infectés, la trithérapie pourrait aggraver durablement les lésions hépatiques.
Si nous-mêmes et d'autres avons rapporté des observations d'aggravation des lésions histologiques du foie sous trithérapie, aucune étude n'a clairement démontré que la trithérapie était associée à une détérioration hépatique durable. En effet, d'une part, seule la co-infection est associée à un aggravation des lésions hépatiques et d'autre part, seuls les patients présentant des stigmates d'aggravation hépatologique ont été évalués jusqu'à maintenant. Une étude prospective visant à analyser les modifications histologiques observées après 12 mois de trithérapie en fonction des variations du statut immunitaire des patients débutera prochainement sous l'égide de l'ANRS; elle devrait permettre de mieux répondre à cette question centrale.


La bithérapie interféron - ribavirine: ses interactions avec la trithérapie


Si la ribavirine n'a aucun effet antiviral sur l'infection VIH, elle pourrait théoriquement modifier l’efficacité de certains analogues nucléosidique en modifiant leur métabolisme. En effet, plusieurs études ont montré qu'in vitro la ribavirine entraînait une inhibition du métabolisme de deux inhibiteurs de la transcriptase inverse: la D4T et l'AZT. Nous avons également rapporté récemment les résultats d'une étude préliminaire suggérant que la ribavirine n'induisait pas de modification de la réplication du VIH chez des patients co-infectés recevant une thérapeutique anti-rétrovirale incluant l'AZT ou la D4T. Dans cette étude, la bithérapie interféron - ribavirine permettait en outre une réponse virologique primaire chez 40 % des patients initialement non répondeurs à l'interféron. L'efficacité et la tolérance de la bithérapie interféron - ribavirine chez les patients co-infectés devront être confirmés sur une plus grand nombre de patients . Une large étude multicentrique réalisée sous l'égide de l'ANRS, comparant eux schémas de bithérapie chez les sujets co-infectés devrait prochainement débuter.


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Pour en savoir plus, contacter:

  • ANRS
  • 101 rue de Tolbiac 75013 PARIS
  • Tél: 01 53 94 60 00, Fax: 01 53 94 60 02
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